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Friday 24 November 2017
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dernière mise à jour

Dr Adama COULIBALY : La qualité a certainement un coût mais elle a surtout un prix sur le marché international

Dr Adama COULIBALY : La qualité a certainement un coût mais elle a surtout un prix sur le marché international

En marge de l’atelier sur l’amélioration de la qualité des noix brutes de cajou organisé du 11 au 13 janvier 2017 à Grand-Bassam, le Directeur Général Conseil du Coton et de l’Anacarde Dr Adama COULIBALY a accordé un entretien à la presse nationale et internationale présente pour couvrir cette rencontre de travail. Entretien

1) Quel constat l’on peut faire au niveau de la qualité de la noix de cajou made in Côte d’Ivoire par rapport aux acheteurs internationaux?

Dr Adama COULIBALY : La qualité de la noix de cajou origine Côte d’Ivoire est bonne. En effet, la qualité se mesure à travers le taux d’humilité, le KOR (quantité d’amandes contenues dans 80 kgs de noix brutes de cajou), donc quand vous prenez ces indicateurs qui sont des références sur le marché international, nous pouvons confirmer que nous mettons un bon produit sur le marché.

Je tiens à vous préciser que notre KOR est à 48, ce qui démontre la qualité de notre produit. A partir de 50, 52 on parle d’excellent KOR. En ce qui concerne le taux d’humilité, sur le marché international jusqu’à 10%, votre produit est qualifié de bon, or la Côte d’Ivoire met sur le marché un produit avec un taux d’humilité inférieur à 9%.

Au vu de tout ce que je viens de vous expliquer, je peux vous assurer que la qualité des noix de cajou de Côte d’Ivoire sont de bonne qualité. Mais la qualité, ça s’entretient c’est pourquoi nous organisons cet atelier pour alerter à nouveau tous les acteurs de la chaine de valeur pour leur dire de ne pas baisser les bras car avant la réforme, les indicateurs étaient mauvais.

2) Nous étions à combien ?

Dr Adama COULIBALY : Avant la réforme, en taux d’humilité nous étions autour de 11% avec un KOR de 47 parfois 46. Vous pouvez constater que nous avons gagné 1 point en 3 ans sur le KOR. Nous ne devons donc pas dormir sur nos lauriers. L’objectif général de cet atelier est de tenir en état de veille permanent l’ensemble des acteurs de la chaine des valeurs sur les questions de qualité, car comme je l’ai dit dans mon discours d’ouverture la qualité a certainement un coût mais elle a surtout un prix sur le marché international.

3) Qu’est ce que vous attendez des acteurs principalement des producteurs en terme de taux d’humidité ?

Dr Adama COULIBALY : Nous attendons que chacun connaisse tous les actes qu’il doit poser pour avoir un produit de qualité. Les producteurs, les acheteurs doivent savoir les actes qu’ils doivent poser pour que le produit reste de bonne qualité lorsqu’il quitte le bord-champ avec la qualité. Les exportateurs doivent savoir les actes qu’ils doivent poser pour maintenir la qualité de la noix de cajou qui a quitté le champ en bonne qualité et qui doit arriver au Vietnam ou en Inde dans le même état de qualité afin qu’au final l’acheteur vietnamien, indien ou brésilien soit satisfait de la noix origine Côte d’Ivoire.

4) La noix de qualité vendue sur le marché international, quel impact pour les producteurs et pour la Côte d’Ivoire ?

Dr Adama COULIBALY : Lorsque nous mettons des produits de moindre qualité sur le marché international, nous avons une décote parfois de 200 dollars sur chaque tonne par rapport aux produits des autres pays. Là où on peut acheter la noix tanzanienne à 2.400 dollars, on peut nous proposer 2.200 dollars ce qui signifie que leur noix a plus de qualité que la nôtre. Il est important que nous puissions capter tous les avantages liés à la filière anacarde y compris tous les bonus que nous pouvons avoir grâce à la très bonne qualité des produits mis sur le marché international.

5) La Côte d’Ivoire premier producteur mondial de noix de cajou aujourd’hui avec combien de tonnes ?

Dr Adama COULIBALY : Nous avons terminé la campagne 2016 avec 650.000 tonnes parce que toutes les productions agricoles ont baissé pendant les campagnes 2015-2016 que ce soit le coton, le cacao, l’hévéa, ceci est lié aux conditions climatiques que tout le monde a connues. Nous avons enregistré donc une baisse de 7% par rapport à la campagne 2015-2016. Je tiens à vous informer déjà que la campagne 2017 s’annonce mieux grâce aux fleurissons que nous voyons sur les arbres, les produits qui commencent à se former lorsque nous visitons les parcelles d’anacardier. Nous pouvons vous confirmer que la campagne 2017 s’annonce prometteuse.

6) Est-ce que la production 2016 nous permet toujours d’être leader mondial ?

Dr Adama COULIBALY : Oui absolument, car la plupart des pays concurrents (Inde, Vietnam) de la Côte d’Ivoire sont dans le même hémisphère (hémisphère nord), nous avons subi les mêmes conditions climatiques. Nous mettons donc notre position de leader en terme de production.

Propos recueillis par D.S (lepaysan.ci)