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Friday 22 June 2018
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dernière mise à jour

Filière coton/Malamine Sanogo (DG du Conseil du coton et de l’anacarde): «La difficulté majeure reste la disponibilité des semences»

Filière coton/Malamine Sanogo (DG du Conseil du coton et de l’anacarde): «La difficulté majeure reste la disponibilité des semences»
Après avoir abattu un travail remarquable pour positionner la filière anacarde,  le Directeur Général du Conseil du Coton et l’Anacarde, Malamine Sanogo a présenté  ses recettes le 22 décembre 2015, lors de l’émission «Le débat », pour sauver la culture de l’or blanc.
Les producteurs de l’anacarde sont heureux de la bonne gestion de la filière depuis la mise en œuvre de réforme. En 2015, ces producteurs ont empoché d’importantes sommes d’argent. Dans les zones de production, la joie se lit sur le visage des acteurs. De plus, avec plus de 700.000 tonnes, la Côte d’Ivoire se hisse au rang de premier producteur mondial. Une performance de plus pour le leader du cacao, une fierté de plus pour le gouvernement ivoirien. Après ce travail remarquable pour le bonheur des producteurs et du pays, le Conseil du coton et de l’anacarde, cheville ouvrière de la mise en œuvre de la réforme se bat pour sortir la filière coton de son impasse actuelle. Au cours de son passage sur les antennes de la Radiodifffusion Télévision Ivoirienne (Rti), dans le cadre de l’émission «Le débat», du mardi 22 décembre 2015, le Directeur Général du Conseil du Coton et l’Anacarde, Malamine Sanogo a relevé les difficultés qui minent ladite filière. Notamment la question de l’encadrement dans la filière qui diffère d’une structure à une autre, la concurrence déloyale entre les égreneurs qui se traduit par des détournements du coton graine, une intervention des acteurs dans des localités hors de leurs zones d’activité (unités d’égrenage), une absence de coordination des programmes de traitement phytosanitaires par les égreneurs, une menace sur la pureté variétale des semences qui affecte négativement la productivité au champ, le non-respect des normes techniques d’encadrement, les problèmes de qualité et de certification des facteurs de production (semence, engrais, insecticides, etc.). «Plusieurs maux minent la production du coton. La difficulté majeure reste la disponibilité des semences, dont la qualité est un facteur déterminant dans la chaîne de production. De plus, si les semences sont mal traitées avant d’être mises en terre, il faut s’attendre à des récoltes insuffisantes. A cela s’ajoutent l’insuffisance et la qualité des facteurs de production tels que les engrais Npk, Uree et les insecticides. Il en est de même pour l’insuffisance de leur utilisation et les facteurs naturels tels que l’érosion des sols, et le changement climatique, qui agissent sur la production. A ce niveau, il faut peut-être adapter le calendrier agricole au changement climatique », a expliqué le technocrate Malamine Sanogo.
Le contrôle des zones et fixation des prix
 Face au problème des semences, l’expert a révélé que des réflexions sont en cours pour mettre en place un schéma de production et de distribution de ce produit qui sera analysé et certifié par des techniciens avant d’être mis à la disposition des producteurs. La filière coton fait vivre au moins 3,5 millions de personnes en Côte d’Ivoire. En plus, des producteurs, il y a les égreneurs, les transporteurs, les firmes phytosanitaires, les forgerons, les éleveurs (…).  Pour sauver la culture du coton et sortir les producteurs de la précarité, La reforme de la filière propose  le ‘’zoning’’.  Les discussions pour la mise en place de ce projet ont commencé et se poursuivre. «Le zoning est un nouveau schéma d’organisation de l’encadrement et de la commercialisation du coton graine basé sur l’attribution de zones exclusives à chaque société cotonnière ». Cette orientation vise à mettre en place un nouveau dispositif d’encadrement des producteurs, à avoir un seul interlocuteur pour les producteurs dans le même espace géographique, à responsabiliser la société cotonnière par rapport à la qualité de l’encadrement et à l’amélioration du cadre de vie des producteurs dans l’espace qui lui est attribué, à maîtriser les coûts d’encadrement, à sécuriser l’approvisionnement des unités d’égrenage en coton graine, à faciliter la mobilisation des financements par les égreneurs. C’est à ce prix que les résultats de la  réforme de ladite filière seront visibles. La question de la fixation du prix du coton occupe une place de choix dans le plan de travail du n°1 du Conseil du coton et de l’anacarde. Plusieurs séminaires de réflexions ont été déjà organisés sur le sujet. Au cours de la tribune de la télévision nationale,  le DG s’est attardé sur la fixation du prix d’achat du coton. «C’est un mécanisme qui n’est pas transparent et qui pénalise à tout point de vue les producteurs. En effet, le mécanisme s’appuie sur une quantité de production qui couvre les charges fixes  des égreneurs et c’est sur cette base qu’on détermine le pourcentage du prix caf à donner aux producteurs, déduction faite d’un certain nombre de charges communes. Le nouveau mécanisme souhaité par la réforme doit être transparent et doit s’appuyer sur des coûts normatifs. Plus précisément, le mécanisme doit répondre à la question : quelles sont les charges nécessaires pour mettre sur le marché international un kilogramme de coton graine? », a-t-il insisté. C’est pourquoi, il invite chaque acteur de la filière à s’impliquer davantage dans la mise en œuvre de la réforme pour des résultats probants tout en appelant les uns et les autres à adopter de  nouvelles habitudes pour assurer la durabilité de la filière coton .